Art au Présent - 

La revue franco-suisse des arts de la scène -

Critique, dossier, entretien, Théâtre, Danse

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PORTRAIT

Séverine Chavrier 

Qui est-elle ? 

Marius Baulieu 

Aujourd'hui à la tête du Centre Dramatique National d'Orléans, elle succède à Arthur Nauzyciel parti au Théâtre National de Bretagne.

Enfin la parité, les têtes changent, des directeurs en place depuis des dizaines d'années laissent leur place, mais bien souvent il ne s'agit que d'un jeu de chaises musicales. Faisons connaissance avec une artiste complète. 

Ils sont les fleurons de la décentralisation théâtrale. Financés par l’État et les collectivités locales, les centres dramatiques nationaux (CDN) ont pour mission d’irriguer l’Hexagone à travers leurs créations, l’accueil de spectacles, le soutien aux compagnies locales, ainsi qu'en terme d'éducation artistique. 

C'est pour toutes ces missions que la personnalité à la tête d'un CDN est d'une importance capitale.  

A bientôt 45 ans Séverine Chavrier, de formation en lettres et en philosophie à ses études de piano au Conservatoire de Genève, Séverine Chavrier a gardé un goût prononcé pour le mélange des genres dans sa carrière, de metteur en scène à directrice. 

Elle est une artiste qui ne veut pas se limiter à un genre, celui de la musique, puisqu'elle va se tourner vers la scène. En effet, c'est vers 12 ans qu'elle va apprendre le piano, avant de rapidement se tourner vers ce qu'elle veut vraiment : la scène. 

Dévorée de trop de passions !

Le bac en poche à 16 ans, elle s'inscrit d'abord en math sup, avant d'immédiatement bifurquer vers les lettres. 

Elle abandonne un peu le piano, car "avec la musique on touche à la beauté et cela rend fragile", elle suit différents stages à la Comédie de Reims, au Nouveau Théâtre d’Angers ou encore à la Comédie de Caen où elle se forme auprès de Josef Nadj, Rodrigo Garcia, Jean- Michel Rabeux, Felix Prader, Robert Cantarella, Christophe Rauck et Darek Blinsk. Elle a également été l’élève de Michel Fau au cours Florent.

Philo, lettres, musique et théâtre en poche, Séverine Chavrier est une artiste complète fasse au cloisonnement des genres. Comment être capable de tout mélanger. 

Du sous-sol à Avignon

Elle fonde sa propre compagnie "La Sérénade interrompue", avec laquelle elle développe une approche singulière de la mise en scène, où le théâtre dialogue avec la musique, mais aussi avec l'image et la littérature.

Quand elle propose à Rodolphe Burger de l'aider dans la musique d'un projet avec Jean Louis Martinelli, elle en profite pour répéter dans les sous sols de Nanterre.

En sors une maquette repérée par quelqu'un du ministère de la culture,  s'en suit une programmation par Martinelli. Le Centquatre s'est associé par la suite. Des représentants d'Avignon sont venus, la voilà programmée au festival. 

En 2010, sa pièce Epousailles et représailles, d’après Hanokh Levin, reprise au Festival Impatience au Centquatre, dissèque les vicissitudes du couple avec

humour, cruauté et humanité. En 2011, elle présente sa création Série B – Ballard J.G., inspirée de l’auteur de science-fiction britannique James Graham Ballard. En 2012, elle crée Plage Ultime au Festival d’Avignon. Elle continue par ailleurs un concert d’improvisation en duo avec Jean-Pierre

Drouet qu’ils donnent au Festival d’Avignon, à l’Opéra de Lille et avec Bartabas en juin 2013.

A l’automne 2014, Séverine Chavrier monte Les Palmiers sauvages au Théâtre de Vidy-Lausanne, où elle crée Nous sommes repus mais pas repentis en mars 2016 avec la même équipe. Les deux pièces

sont présentées à l’Odéon-Théâtre de l’Europe en mai et juin 2016.

"Les projets que j'ai faits à Vidy, je les ai faits aussi par

rapport à la Suisse"

En février 2015, elle propose pour le Festival Hors-Série au Théâtre de la Bastille le spectacle Après coups / Projet Un-Femme, pièce chorégraphique recréée en novembre 2015 au Théâtre Roger-Barat d’Herblay. Un second volet de ce projet chorégraphique verra le jour fin janvier 2017 au Théâtre de la Bastille, et sera en tournée française (Centre Dramatique National de Normandie à Rouen, Les

Subsistances – Lyon) à l’automne 2017.

"A Orléans j'ai peur d'être une mauvaise artiste car j'ai un lieu"

La directrice du CDN d'Orléans remplit les missions qui lui sont confiées, notamment lorsque le CDN doit jouer un rôle avec les acteurs locaux, et cela mérite d'être souligné, en effet cette mission semble être oubliée parfois sous certaines directions. L'importance accordée à la programmation passe au second plan, au profit de découvertes locales notamment avec les jeunes du conservatoire de la ville.