RÉmi 

Jonathan Capdevielle

Critique

Marius Baulieu

A travers le roman d'Hector Malot "Sans famille", Jonathan Capdevielle s'empare du voyage initiatique du jeune Rémi, vendu par son père au saltimbanque Vitalis. En quête d'une famille, s'en est finalement plusieurs qu'il rencontrera sur sa route. Toutes le marquant et le transformant pour le faire devenir musicien pop à succès.  

Truffée de problématiques contemporaines, Jonathan Capdevielle signe une adaptation tout public pleine d'inventivité. Un régal. 

Artiste complet, Jonathan Capdevielle nous le prouve une nouvelle fois (comédien, chanteur, marionnettiste, ventriloque, metteur en scène). 

La quête d'identité est pour lui un leitmotiv, nous nous souvenons de son grandiose Adieu/Adishatz où le spectateur était plongé dans son sud-ouest natal. 

Dans Rémi, le travail n'est plus auto-fictionnel bien que l'on retrouve des thèmes chers à l'artiste comme la quête de soi.   

En ne soulignant jamais aucune thématique contemporaine, Jonathan Capdevielle glisse par petites touches des réflexions sociales. Sur le genre, pourquoi ce jeune a-t-il un oeil au beurre noir se demande la mère. La violence domestique, par les mots du père. Ou encore leur pauvreté les obligeant à aller emprunter de la farine chez le voisin. 

Vendu par son père adoptif c'est au près de Vitalis, artiste de rue qu'il trouvera refuge. Sa première troisième famille dont les artistes Joli Coeur un singe et Capi le chien savant seront de véritables compagnons de route pour le jeune homme. Cela constituera sa première formation de chant qui le conduira à devenir ce que Jonathan Capdevielle propose de Rémi, un artiste pop à succès dont les chansons témoigneront de son parcours et de sa compréhension de lui-même. Mais voilà que Vitalis est emprisonné, Rémi se doit de trouver un autre refuge. 

Cette fois ci, dans un bateau affrété par une dame anglaise accompagnée de son fils malade dont les costumes viennent désamorcer  le tragique de l'histoire. Les trois comédiens, dont la brillante Michèle Gurtner nous régal de drôlerie. Avant de montrer une facette plus triste de l'histoire, celle de la mort d'un des compagnons de route du jeune Remi. 

Gommant presque tout décor, la mise en scène se concentre sur les interprètes, tous exceptionnels, Dimitri Doré en tête. C'est au spectateur de se construire son imaginaire, rien ne lui est imposé. 

Jonathan Capdevielle signe avec brio cette adaptation d'où le spectateur ressort du théâtre en sentant un vent de liberté lui souffler sur la peau. 

Chaque spectateur repart avec la seconde partie de l'histoire, sous forme de téléchargement ou de Cd, une suite purement sonore où la quête d'épuration du plateau se poursuit. Et où l'histoire continue de se crée en imagerie mentale chez le spectateur. 

Art au Présent - 

La revue franco-suisse des arts de la scène -

Critique, dossier, entretien, Théâtre, Danse

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